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Revista de prensa
artabsolument Nicolas Rolland, peintures en noir et bleu

Mystérieuse, froide, intangible, une femme se découpe sur un fond chaotique et abstrait, ton sur ton, bleu sur bleu. On entre dans une intimité paradoxalement proche et irréelle à la fois, où le corps féminin se présente et se dérobe dans une vision fantasmée, qui semble déjà appartenir au passé. Cette femme dont on sent qu’on pourrait presque effleurer l’épaule, apparemment si solide, si présente, détourne son visage du regard qui voudrait la rendre accessible. On songe un instant à Monory, où le réalisme photographique des tableaux est automatiquement disqualifié par la référence à l’univers illusionniste du cinéma ; là aussi, la représentation, si elle paraît réaliste, est déjà dématérialisée par le filtre du souvenir, comme l’image d’une personne connue qu’on tente de faire réapparaître en imagination. Mais le cinéma n’est pas très loin non plus, puisque Nicolas Rolland travaille ses sujets d’abord à partir d’épreuves photographiques, dont le travail sur la lumière conduit à prendre comme préalable ces contrastes qui feront le caractère essentiel de la toile. S’il se défend de toute forme d’influence extérieure, Nicolas Rolland confesse cependant son admiration pour Zao Wou-Ki, dont on retrouve dans les fonds abstraits la calligraphie particulière – comme si le peintre préférait à un décor factice l’empreinte du souvenir qui s’attache aux sujets représentés. Mais c’est avant tout la beauté du signe, dans sa forme, qui l’intéresse. Que ce soient les toiles de peintures bleues de Prusse, ou les dessins paysagers de petit format à la pierre noire et au crayon, le travail de Nicolas Rolland s’attache aux contrastes, qui font ressortir les volumes, la densité des corps et des choses. Cet examen méticuleux de la nature n’est qu’un prétexte pour envisager un travail attaché à l’esthétique de la lumière et la manière dont elle crée l’illusion de volumes, de corps, de rondeurs, d’aspérités : camaïeux, ombragés, éclairages surexposés participent à cette quête… Ainsi cette crête montagneuse qui déchire le tableau en deux, et impose sa masse blanche devant l’obscurité de l’horizon et de la pierre noire ; ou encore ces glaciers où s’affrontent la neige et les éperons rocheux, élévations d’ébène contre coulées blanches. La femme au chapeau mou n’est finalement pas si éloignée, elle dont le corps est aussi prétexte à mettre en scène ce conflit de la lumière et de la couleur.



Antoine Fonsagrive

décembre 2007

Paru dans Art Absolument N°23 (voir le site www.art-absolument.com)
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Nicolas Rolland


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